Je sais que la plupart d’entre nous utilisons le plus souvent des banques de sons comme matière musicale. Cependant, avec du matériel et de la patience vous pouvez vous aussi enregistrer vos propres échantillons sonores et vous en servir comme banques personnelles. Pour aller dans ce sens quelque peu artisanal, je vais vous parler des micros qui restent l’outil indispensable pour vos futurs enregistrements. Bien sur, ce billet restera non exhaustif dans sa description et ferra l’objet d’un autre billet car le sujet reste vaste.
Les différents types de micros:
Il existe plusieurs types de micros: les électrodynamiques: les modèles à ruban et ceux à bobine. Les micros électrostatiques qui on besoin pour fonctionner d’une alimentation phantom (12 à 48V). Enfin, le micro à électret qui ressemble à l’électrostatique mais avec un mode de polarisation différent puisque ce mode conserve la polarisation définitivement.
Quelles sont leurs différences?:
Le micro électrodynamique:
- A – BOBINE: solidité, excellente qualité pour le reportage mais aussi parfois en studio pour la parole ou la musique. Micros plutôt réservés pour la scène.
- A – RUBAN: excellente qualité très utilisé en musique, par contre assez fragile, il craint les chocs et le vent.
Le micro électrostatique: Ce sont les meilleurs micros de studio. Cependant, ils sont onéreux, fragiles, craignent l’humidité et ont besoin d’une alimentation phantom. Ils ont pour vocation de rendre les fréquences aigus avec une certaine brillance.
Le micro à électret: ce dernier comporte des électrets en plastique métallisé polarisés électriquement. Le fonctionnement est analogue à celui des micros électrostatiques et ont à peu près les mêmes performances.
La directivité des micros:
Omnidirectionnel: le micro capte tout, quelle que soit son orientation par rapport à une source acoustique.
Cardioïde: le micro prend le son d’une seule direction, mais l’angle de couverture est large.
Hypercardioïde: le micro prend le son dans une seule direction avec un angle étroit.
Utiliser les micros en fonction des instruments à enregistrer:
- Voix:
° pour le dynamique, le rendement varie car plus on est près et plus il y a de graves (ex: Shure SM 58 ou Beta 58 A, Sennheiser E 855) . Plus on s’éloigne et plus le gains à la sortie tombera. Pour un son équilibré 10 à 15 cm est très bien.
° pour le statique, ne pas coller au micro (ex: AKG C 1000 S, Audio-tchnica ATM 33a, Shure SM 81,) . à partir de 15 cm vous récupérer la réverb naturelle de la pièce. Ne pas oublier de placer le filtre anti-implossive.
- Batterie:
° Pour la grosse caisse, il faut un micro qui encaisse des pressions fortes (ex: dynamique: Shure beta 52 ou Sennheiser E-602, Audio-technica ATM 25). Pour un kick précis placer le micro en face de la batte entre 10 à 20 cm. Pour un son acoustique placer le à 30 cm avec une inclinaison entre la batte et l’extérieur de la peau. Plus vous rapprochez le micro vers l’extérieur plus vous capterez des harmoniques.
° Pour le charley, il faut un électrostatique (ex: Shure SM 81, AKG C 391 B ou Audio-technica ATM 33a). Placer le micro en dessus en pointant perpendiculairement sur le charlet.
° Pour la caisse claire, il faut deux micros (électrostatiques) un en haut au niveau du cercle pointer vers le milieu (ex: Shure SM 57). Le second en bas en pointant tout droit sur la peau (ex: Shure SM 56).
° Pour les cymbales, il faut (ex: un statique: Shure SM 80). en position verticale à 20/30 cm au dessus de la cymbale. diverses variantes peuvent être testées.
° Pour les toms, il faut (ex: statique: Shure beta98) placé à 5/10 cm au dessus de la peau de frappe et à 3/5 cm du bord extérieur. Micro placé vers le bas à 45°.
- Basse: Généralement prise en direct en entrée line. Mais rien ne vous empêche d’installer un micro devant l’ampli (utiliser micro pour la grosse caisse par exemple)
- Guitare: De même branché en entrée line. Mais aussi avec deux micros l’un pointé devant le HP (ex: dynamique: Shure SM57) (pas au centre) et l’autre (ex: statique: Neumann U87) devant l’ampli en ambiance ou si l’ampli est ouvert (derrière) derrière avec une inversion de phase (en hauteur avec un angle vers le haut de 45°). Ce schéma des deux micros peut produire une bonne image stéréo. Pour l’acoustique pur, il faut placer un micro statique à 30 cm de l’instrument (Dynamique (ex: Sennheiser E 609) Statique (ex: Shure SM 81 ou Audio technica ATM 33a). En face de la rosace, vous récupérez des basses. Vers le manche le son sera aéré. Pour ne pas se tromper placer le micro entre la rosace et le sillet pour un son équilibré et riche. Pareil vous pouvez utiliser deux micros pour une image stéréo.
- Flûte: il faut un micro statique (ex: Shure SM 81 ou C 1000 B). Pour la flûte traversière, il faut placer le micro près de la bouche. Sinon placer le micro devant ou au dessus (il faut faire des essais).
- Piano: il faut prendre deux micros statiques qui prennent le son à environ à 25/30 cm au dessus des cordes. (ex: Neumann U87 et un Bruel & Kjaer 4003). L’angle des micros est d’environ 45° placés vers le haut et forment un angle divergent proche de 90° balayant ainsi l’ensemble des cordes. Pour l’ambiance encore deux micros (Bruel & kjaer 40003) à 80 cm au bord du piano à 1.50 m de hauteur, les micros placés vers le bas à 45° et formant un angle divergent de 90°.
- Accordéon: il faut (ex: un dynamique: Sennheiser E 609 ) pour la main gauche (basse) et (ex: dynamique: Shure Beta 57 ou un statique C 3000 B pour la main droite. Les micros à pinces sont très pratiques aussi car la main gauche bouge beaucoup ce qui a une influence considérable sur le son.
- Percus: (congas, bongos, timbales etc.) prise individuel à 15 cm de la peau (ex: un statique: Shure SM 57, un dynamique: Shure Beta 57, ou dynamique: Sennheiser M 421. On peut installer un ou deux micros d’ambiance en plus pour obtenir une réverb naturelle. Pour les accessoire à percussion prendre des micros statiques pour l’ambiance placés à 60 com de distance.
- Cordes: il faut (ex: statiques: Neumann U87, Oktava MC012, AKG C12, Sennheiser MKH 80). Le violon, l’alto ou le violoncelle sont des instruments à aborder de la même façon lorsque vous les enregistrez car ils produisent le son de la même manière. Pour le violon comme l’alto, on placera un micro au dessus de l’instrument à une distance pouvant varier de 30 à 60 cm, le micro pointant vers la zone d’attaque. On peut compléter l’enregistrement avec un second micro placé en dessous, à l’exact opposé du premier, en prenant bien soin évidemment d’inverser sa phase. Dans ce cas, vous gagnerez du corps et de la chaleur. Pour le violon choisir un sol qui réfléchit donc pas de tapis. Pour le violoncelle, de même mais placer le micro pointé devant l’instrument là où l’archet attaque les cordes.
- Cuivres:
° Pour trompette et trombone, il faut (ex: un dynamique: Sennheiser E 609 et pour le trombone (ex: dynamique: Shrure un beta 52). Le micro est placé tout droit à 30 cm devant l’instrument. Attention pour la trompette il faut atténuer les médiums agressifs (autour de 2kHz).
° pour le saxo (ténor et alto), il faut (ex: dynamique: Shrure un Beta 57 ou 58). Même placement du micro que la trompette et le trombone.
° Pour clarinette et saxo soprano, il faut deux micros (ex dynamique: Shure Beta 57) et statique (ex: Shure SM 81). En effet, ces instruments développes des harmoniques qui sortent par des clés. Il faut placer les micros à 15 cm de l’instrument. le dynamique devant et le statique au dessus.
Enfin, il faut savoir également appliquer à certains instruments une compression comme par exemple: la grosse caisse ou encore les cuivres ou la voix.
De plus, les micros comportent des accessoires comme: perches, pinces, fixations, suspensions, étuis ou boite de protection etc. Sans oublier les filtres anti-implossive. Les micros électrostatiques emploient souvent des suspension qui désolidarisent mécaniquement le micro de la perche. Enfin, il faut porter une attention toute particulière aux câbles, puisque se sont eux qui transmettent le signal audio.
Ciryle Coplan.