Par Ciryle Coplan | juin 1, 2016 - 11:58 - Classé dans Articles

Bonjour en ce mois de Juin qui m’a vu naître il y déjà pas mal d’années,

Aujourd’hui, et en ce début de mois, je vous propose une interview de Laurent Juillet qui a de manière chaleureuse et spontanée répondu à quelques questions sur le métier de compositeur. Questions que je me suis souvent posées et qui trouvent dans cette interview quelques éléments de réponses.

1/ Comment es-tu venu à faire de la musique à l’image?

Mon premier contact avec la musique de film remonte à un disque de musique de Western Ennio Morricone que mon père possédait dans sa toute petite collection. Il n’est pas très mélomane mais il passait ce disque de temps en temps, et à chaque fois, j’étais très attentif.

La révélation s’est produite lorsque je faisais mes études au Conservatoire. Mon professeur de solfège était absente. Son remplaçant, plutôt que de nous faire écouter les musiques traditionnelles du répertoire auxquelles nous étions habitués, nous a proposé une musique de film. Il choisit “Cutthroat Island”, score composé par John Debney pour le film de Renny Harlin. Ce fût un choc pour moi. Cette musique me renvoyait à tout ce que j’aimais, les orchestrations riches, le côté énergique presque rock’n roll, de grands thèmes épiques. Je me suis dit alors que je voulais apprendre à composer ce genre de musique.
Très vite je me suis inscrit dans les classes d’écriture et j’ai commencé mon étude des grandes partitions symphoniques du répertoire sous l’impulsion de mon professeur, qui est devenu un ami, Jean-Philippe Bec afin de comprendre comment fonctionnait l’orchestre. Parallèlement, je réalisais des transcriptions d’oeuvres symphoniques telles que “Carmen” de Georges Bizet pour notre quatuor de guitares classiques.

Ce qui m’a également attiré vers la musique pour l’image et qui continue de me séduire est qu’elle favorise l’ouverture à des styles différents.
Le mélange des genres n’est pas prohibé, même s’il est vrai que les clichés sont tenaces.

2/ La musique à l’image semble susciter beaucoup d’intérêt vis-à-vis de la jeunesse, Que penses-tu de cette nouvelle vague?

Je pense que l’on est d’abord musicien, compositeur et qu’ensuite on s’intéresse à la relation musique / image. Il me semble que beaucoup de jeunes aiment ce qui se dégage de la musique de certains films, mais qu’ils ne discernent pas toujours le lien réel entre la musique et l’image.
J’entends régulièrement des musiques qui ont été composées, je le sens bien, avec l’idée d’en faire des musiques de film. Mais elles ne le seront jamais, tout simplement parce qu’elles n’ont pas été composées pour des images. Cela fait une différence importante parce que l’émotion qui s’en dégage vient de la musique seule, et non de la relation musique / image dont je parlais plus haut. Ce n’est absolument pas un jugement de valeur de la musique mais sur sa destination.

L’avènement de la technologie permet à beaucoup de s’exprimer au travers des sonorités de l’orchestre. Mais il ne faut pas se tromper et ne pas oublier que les banques de sons sont une bien pâle vision des possibilités et contraintes d’un véritable orchestre. Débuter le métier de compositeur avec comme seul outil l’ordinateur limite énormément les capacités d’expression, tant d’un point de vue technique que purement musicale. Les banques de sons sont formatées pour aller vite et pratiques pour le travail à l’image lorsque l’on sait à peu près où l’on va et si l’on possède un bagage certain. Mais je suis persuadé qu’il faut aller chercher son inspiration hors de la musique de film, surtout au début, il faut apprendre à parler le langage de la musique afin de pouvoir communiquer avec d’autres musiciens, et cela ne s’apprend pas devant un écran.

3/ La MAO et l’utilisation des séquenceurs, VST, et banques de sons sont considérablement utilisés par les professionnels et amateurs; un avis sur ce phénomène.

J’y ai répondu déjà en partie. La MAO est un très bon outil, elle fait gagner du temps. Artistiquement parlant les ordinateurs offrent également des possibilités d’expression infinies pour la musique à l’image. Tout cela va dans le bon sens puisque cela offre une large palette aux compositeurs. Mais le revers de la médaille ne doit pas être négligé, en donnant l’illusion que les choses sont faciles et accessibles ces outils participent à la paupérisation d’un métier déjà bien fragile.


4/ Au bout de combien d’années as-tu commencé à vivre de ce métier,

Assez rapidement en fait, quelques mois. J’ai eu mes premiers contrats professionnels à la sortie du Conservatoire, un jeu pour Cryo Interactive, «  l’Ombre de Zorro » et des albums de librairie pour les éditions Kosinus.

5/ Beaucoup de compositeurs à l’image en France ne vivent pas de leurs métier; Pourquoi est-ce si difficile?

Il m’est difficile de répondre à cette question. Cela dépend de paramètres intimement liés à chaque personne. Lorsque l’on discute avec des compositeurs établis, on se rend compte que chaque parcours est différent.
La nécessité de rencontrer des gens est indéniable, rester derrière sont écran en envoyant des emails est insuffisant. Il faut créer des échanges.

Ensuite il est indispensable de se former, non pas à la musique qui est finalement rarement le problème, mais aux impératifs de la production musicale. Il est utile aussi de s’intéresser à ses aspects juridiques. Tout cela aide à avoir une image plus claire du paysage et permet de trouver plus facilement son chemin à mon sens.

6/ Que penses-tu de la formation du compositeur à l’image. Peut-on aujourd’hui être un compositeur autodidacte et travailler sans formation?

Je crois que la formation est primordial. Il ne faut jamais cesser d’apprendre et toujours se remettre en question. C’est un principe de vie fondamental pour moi, et cela touche tous les domaines de l’existence.

Après, savoir si sa formation doit être faite à l’école…

D’un point de vue purement technique, il est certain que l’accès aux équipements d’une école doit aider. Il est vrai aussi que quelques compétences, comme l’orchestration par exemple, doivent être apprises car elles reposent sur des contraintes réelles.
L’expression artistique en revanche peut aisément s’apprendre en dehors des bancs de l’école, échapper au formatage d’un enseignement purement académique peut même s’avérer salutaire pour un artiste.
Le Conservatoire m’a donné le privilège de rencontrer Pierre Pincemaille et je n’oublie pas que l’important c’est lui, pas l’école ni le diplôme.

Je comprends très bien cette question, légitime lorsque l’on débute. Mais dans ce métier plus qu’ailleurs, ce qui compte n’est pas d’où l’on vient mais ce que l’on offre.

7/ Au bout de plusieurs années d’activité es-tu toujours aussi enthousiaste de faire ce métier?

C’est difficile parfois. J’aime mon métier, mais j’ai besoin d’en sortir par moment pour mieux y revenir. Toutefois quand je pense à la musique, et seulement à elle, je sens bien la passion au fond de moi.

8/ Que penses-tu de la musique américaine et l’effet qu’elle suscite chez les jeunes en France?

Si par musique musique Américaine, tu penses à John Williams qui a puisé son inspiration dans la musique européenne, je réponds que je suis un fan absolu d’Igor Stravinsky. Par contre, pour John Adams c’est différent!

Je n’écoute jamais la musique en me préoccupant de sa nationalité. Elle m’émeut et m’intéresse ou non, c’est tout. Par contre, ma culture est clairement occidentale. Je n’ai donc aucun avis sur ce que la musique américaine peut susciter auprès de la jeunesse française.

9/ Si tu n’avais pas fait ce métier quel métier aurais-tu exercé?

J’aurais sans aucun doute oeuvré dans le sport.

Je remercie Laurent pour ses réponses précises et pour m’avoir consacré un peu de son temps.

Site de Laurent Juillet. Vous pouvez également le retrouver sur FB.

Merci à toi

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | mai 28, 2016 - 11:30 - Classé dans Articles

Bonjour pour cette magnifique journée qui se prépare en ce jour du 28 mai 2016,

Voici encore une vidéo sur laquelle on retrouve un compositeur américain (origine anglaise) que j’apprécie particulièrement j’ai nommé Monsieur John Powell. En plus, d’être un compositeur nous avons en commun l’année de naissance par conséquent ce monsieur doit être quelqu’un de bien (un chef d’entreprise peut être quelqu’un de bien)!!
Nous le retrouvons ici dans son studio ou je dois dire que les installations ne sont pas réalisées dans la demi mesure.
Regarder car il n’y a que ça à faire et bravo John pour ton travail!!!

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | avril 1, 2016 - 11:31 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Voici une vidéo qui montre les autres activités du métier de compositeur de MdF.
En l’espèce, le compositeur fait appel à une personne pour finaliser ses maquettes afin de les présenter au réalisateur.
Mais la plupart du temps le compositeur fait tout lui même.

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | mars 19, 2016 - 3:50 - Classé dans Articles

Bonjour,

Après les studios américains avec Harry Gregson Williams, voici un retour en France avec quelque chose de plus ludique dans la présentation.
Laurent Juillet, est un compositeur qui accueille sur cette vidéo une jeune fille qui veut devenir compositrice.
J’aime bien cette présentation.

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | mars 15, 2016 - 7:01 - Classé dans Articles

Voici une vidéo de Harry Gregson Williams dans son studio en Californie.

J’aimerai bien avoir un studio comme ça !!!

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | février 13, 2016 - 10:50 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Voici des conseils donnés par des compositeurs professionnels membres de l’UCMF (Union des compositeurs de musiques de films).

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | février 11, 2016 - 11:01 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Voici le résultat du concours de musique de film de l’UQAM organisé par nos amis canadien.
Il y a donc 9 finalistes dont deux Français qui remportent la victoire. L’UQAM à reçu pour cette deuxième édition, 241 candidatures provenant de 15 Pays.
Je vous laisse ce lien pour écouter les musiques de ces compositeurs pleins de talents.

Résultats concours UQAM.

Enfin, le concours de Audi Talents Awards ouvre de nouveau ses portes aux compositeurs et compositrices.
Cette année, deux épreuves avec un exercice imposé et un exercice libre. Le premier n’est autre que le film de présentation au concours qui existe depuis plusieurs années. Par conséquent, il faudra le mettre en musique.
Mais, nouveauté du concours 2016, désormais un exercice libre invite en outre les compositeurs à proposer un projet musical qui explore les liens entre la musique et l’image (qu’elles qu’en soient les formes). Installation sonore et visuel, live audiovisuel… ? Le programme Audi talents awards participera au financement du projet du lauréat.
Nous entendons par là toute reproduction animée d’une chose, d’un être ou d’un concept… Peut importe la technique employé. Exemple: performance musicale accompagnée d’un programme image original, installation vidéo et sonore…
Il vous faudra ajouter à cela un gros dossier avec beaucoup d’indications sur votre travail et sur votre personne; Bonne chance!!!

Audi Talents Awards 2016.

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | janvier 4, 2016 - 10:53 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Bonne année 2016!! à toutes et tous ceux qui consultent ce modeste blog consacré à la musique de film.

Pour ce mois de janvier, je vous propose un concours de musique à l’image organisé par nos amis canadiens et par l’UQAM.

Le 10 décembre 2015 – Le programme de Diplôme d’études supérieures spécialisées en musique de film de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et les Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) sont fiers de lancer la deuxième édition du Concours international de composition de musique de film de Montréal. Trois courts-métrages sont proposés aux compositeurs des quatre coins de la planète afin de leur inspirer une création. Un prix de 750,00 $ canadiens sera remis à l’auteur de la meilleure musique pour chacun des trois films proposés : Des souris et des hommes (réalisé par Jean Beaudin, École des Médias, UQAM), Pour toujours (réalisé par Maryne Bélanger, École de Design, UQAM) et Participe Passé, (Sarah Gélineau Paradis, UQAT, 2015).

Un prix de 750$ CND sera remis au compositeur ou à la compositrice de la meilleure musique pour chacun des trois films proposés.

750$ Meilleure musique pour Des souris et des hommes
750$ Meilleure musique pour Pour toujours
750$ Meilleure musique pour Participe Passé

Les musiques finalistes dans chacune des catégories seront diffusées, avec leur film, dans le cadre de la 34ième édition des Rendez-Vous du Cinéma Québécois à Montréal, au Canada.

Admissibilité

Le concours est ouvert à tous les compositeurs et compositrices, de tous les âges, de la planète. Il n’y a pas de frais d’inscription.

Cliquez sur la photo pour accéder au programme.

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | novembre 23, 2015 - 9:35 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Que d’émotion et de talent!!

J’ai eu le grand privilège d’assister au concert donné au Philharmonie ce dimanche 22 novembre. Concert avec le London Symphony Orchestra et surtout avec ce grand compositeur le nommé Alexandre Desplat. Ayant eu déjà la chance d’assister en 2013, 2014 et 2015 à ces concerts organisés par Audi Talents Awards, je reste toujours enthousiasmé par ces magnifiques évènements. D’abord Bruno Coulais, ensuite Jean-Michel Bernard et enfin Alexandre Desplat.
La finesse orchestrale du London Symphonie est impressionnante avec des effets et oui stéréophoniques!! Souplesse, puissance, précision, et superbe direction d’Alexandre Desplat. Le concert débute par une marseillaise revue et corrigé par le Maestro en hommage aux tragiques évènements de vendredi dernier. Les morceaux s’enchainent et sont tout simplement incroyables. L’interprétation d’Harry Potter, est divine avec une orchestration qui fait pâlir le simple compositeur que je suis. De plus, hommage à Roman Polanski, présent dans la salle avec beaucoup d’autres acteurs et de personnalité du spectacle. Un grand moment de musique que j’oublierai pas!!
Enfin, j’ai eu l’honneur de serrer la main à Roman que j’admire et Alexandre Desplat que j’adore et qui se laisse approcher gentiment; personnage simple et chaleureux.

Merci à Audi Talent Awards et merci aux compositeurs de Musiques de films qui sont tout simplement merveilleux.



Bravo et encore bravo!!!

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | novembre 17, 2015 - 12:18 - Classé dans Articles

Rester debout face À la barbarie

Les terroristes qui ont tué aveuglément à l’intérieur du Bataclan, aux terrasses de cafés et de restaurants, aux abords du Stade de France, ont voulu s’attaquer à nos libertés, à notre jeunesse, à notre mode de vie où l’art et la culture occupent une place prépondérante, à nos valeurs qui fondent notre démocratie et notre société ouverte et tolérante.

Au nom de ses 153 000 membres en France et dans le monde, la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique et l’ensemble des salariés de la Sacem expriment leur horreur absolue face à ces actes lâches et abjects qui ont frappé tant de personnes parmi lesquelles de très nombreux spectateurs et professionnels des métiers de la filière musicale réunis au Bataclan par leur amour de la musique.

Ils expriment leur profonde compassion pour les victimes, partagent la douleur de leurs familles, de leurs proches et ont une pensée particulière pour les blessés dont certains sont toujours entre la vie et la mort.

Ils pensent notamment à leurs amis et collègues du Bataclan, de Mercury et d’Universal, d’Alias Productions, de Nous Productions, d’Astérios Spectacles, des Inrockuptibles et de France 24 qui figurent déjà parmi les victimes.

Face à la terreur et à la barbarie, il n’y aurait de pire attitude que de céder ou de renoncer à nos valeurs communes. La musique incarne cette liberté que les terroristes ont voulu étouffer en frappant le Bataclan.

Comme des millions de Français, le monde de la musique reste debout et rappelle son attachement à la liberté d’expression et de création.

Le Conseil d’administration de la Sacem a d’ailleurs pris la décision de créer, dans le cadre de son action culturelle, un fonds de soutien exceptionnel pour venir en aide aux professionnels du spectacle vivant pour lesquels les attentats du 13 novembre auront des conséquences économiques inévitables.

Je partage ceci et présente tout mon soutien et mon attachement aux victimes par rapport à cet acte sans nom.

Ciryle Coplan.