Par Ciryle Coplan | septembre 8, 2016 - 5:12 - Classé dans Articles

Bonjour à tous pour ce mois de Septembre où la rentrée sonne le son du travail.

Voici une nouvelle interview du compositeur à l’image Mathieu Vilbert que j’apprécie particulièrement.
Je remercie encore ce jeune compositeur de talent pour sa gentillesse, et sa sympathie spontanée. Encore une fois, j’ai la chance de converser avec un compositeur mais aussi un professeur. En effet, prochainement Mathieu donnera des cours de musique à l’image au conservatoire de Levallois.

1/ La première rencontre avec la musique à l’image est venu à quel âge et dans quelle circonstance?

Très jeune (vers 12 ans), j’ai eu presque toutes les consoles de jeux à partir de la séga !! Un peu un geek en effet ! Et j’adorais comme tout gamin l’interaction qu’il y avait entre les différents bruitages, la musique et le visuel, mais sans vraiment m’en rendre compte.

Sonic, Mario, la légende de Zelda, Final Fantasy, Rayman, Soul Blade, Goldeneye… ont été des jeux marquants  pour moi où la musique était composée comme pour un film dans les séquences où on ne jouait pas !
C’était magique de comprendre comment une musique pouvait donner une telle importance au scénario et aux différents personnages de l’histoire. Et fascinant de voir comment le personnage évoluait avec le décor, où l’ambiance devenait différente en fonction de l’action.

Mais la musique qui m’a énormément marqué est entre autre  «Metal Gear Solid 2, sons of liberty», composé par Harry Gregson williams, la musique d’introduction est juste parfaite !

2/ Tu fais partie de ceux qui ont un parcours dit structuré (université et école de musique) est-ce que tout ceci t’as permis d’être là où tu es aujourd’hui en sachant que tu as déjà travaillé avec des réalisateurs?

Oui, c’est sûr, c’est un tout.
A la fac, je jouais beaucoup dans des groupes, tel swing Sofa, un groupe avec un style se rapprochant du jazz manouche, et pas mal de bœuf dans des pubs. Et je jouais du violon dans un orchestre symphonique.

Ensuite je suis allé à la Music Academy International à Nancy qui m’a appris à composer sur ordinateur.
Et à 22 ans, j’ai été trois ans dans l’éducation nationale en tant que prof de musique en collège et lycée.
Je me suis installé ensuite sur Paris où je n’avais aucun contact . Le fait d’avoir fait tout cela ne m’a pas aidé à trouver du monde! Mais cela m’a aidé à avoir confiance!  

3/ Ta première rencontre avec un réalisateur s’est faite dans quelles circonstances?

C’était à la Music Academy International, où j’ai eu plusieurs exercices de compositions à réaliser avec l’Essec: le premier court-métrage que j’ai composé a été «L’heure de la fuite» réalisé par Elisa Franck et Emilie Gaussiat (rigolo de le voir et de l’entendre !!). Cela s’est très bien déroulé, mais chacun a fait son chemin ensuite!

4/ Comment travailles-tu de manière générale avec un réalisateur et comment se structure la commande d’une musique?

C’est très aléatoire selon le réalisateur. Cela peut commencer directement avec le scénario, mais je n’aime pas réellement ce procédé car c’est surtout l’image qui dicte le style musical. Si je compose sur l’image, c’est pour essayer de capter le mouvement, de capter la lumière, en transcrivant cette émotion musicalement. Et c’est là qu’aucune règle ne s’applique car la magie de cette fusion est souvent étrange.

Le plus important est déjà le feeling que tu vas avoir avec le réalisateur. La musique et l’image sont deux langages différents et je pense que le mieux est lorsque le réalisateur te fait confiance et te donne carte blanche! Je pense que connaître l’histoire du cinéma pour un compositeur et de connaître l’histoire de la musique pour un réalisateur serait le top !

Concernant une commande d’une musique, tout dépend. Généralement, tu présentes une maquette temporaire, tu la modifies au fur et à mesure des attentes du réalisateur et ensuite tu essayes d’obtenir un budget pour avoir de vrais musiciens  si tu ne l’as pas encore! Ensuite, il m’arrive d’enregistrer directement avec de vrais musiciens pour la maquette car cela est trop compliqué de retranscrire toutes les articulations par la M.A.O.

5/ Le réalisateur d’un projet est un élément important; peut-on parler de direction artistique sur un projet telle que la musique?

On pourrait eventuellement faire référence au titre de superviseur musical, très prisé aux Etats Unis. Cela prive parfois du courant qui pourrait se créer entre un réalisateur et un compositeur.
La meilleure direction artistique possible est celle que tu expérimentes avec le réalisateur et le monteur sans autres interlocuteurs. A moins que le superviseur intervienne en même temps que toi.

6/ Les VST et les séquenceurs aujourd’hui, constituent un outil incontournable dans le parcours du compositeur, que penses-tu de ce phénomène?

Je pense que cela ouvre des portes, et permet d’être plus ouvert sur d’autres styles de musique qui se sont développées, entre autre l’alliage entre l’orchestre classique et la musique électronique.

C’est surtout un faux débat de dire que tout le monde peut maintenant faire de la musique sur ordinateur. Peu importe la manière dont le compositeur crée, ce qui compte avant tout est ce qu’il veut faire ressentir à l’auditeur.

Certaines personnes écrivent mieux avec un crayon et une gomme et des personnes créent mieux sur un ordinateur. Beaucoup se sentent obligés de voir un aspect négatif avançant que cela aboutit à une pauvreté dans l’écriture. Je dirais plutôt que cela entraîne une autre forme de structure qui peut donner naissance à une autre écriture.

Ensuite, je sais que cela est un outil formidable pour composer de la musique orchestrale, et avoir une relation directe avec tous les instruments de l’orchestre.

7/ Tu es un jeune compositeur et dans ce cadre quels conseils donnerais-tu à un débutant qui découvre vouloir faire ce métier?

Regarder des films… et avoir la carte Gaumont ou UGC ! Autant des films anciens que récents et comprendre comment la musique marche sur une image. Des films tels que Blade Runner, Apocalypse Now, Cinéma Paradiso, La prisonnière du désert…

8/ Quels sont les compositeurs qui t’ont influencés et quels sont ceux aujourd’hui que tu suis attentivement?

Ce qui m’a donné avant tout la passion pour le cinéma sont les réalisateurs qui offraient aux spectateurs un spectacle ! Tel le «cinquième élément» réalisé par Luc Besson, avec un univers sublime, et une musique remarquable ou bien «Gladiateur» réalisé par Ridley Scott, qui a été le film qui m’a vraiment interpellé musicalement et qui m’a donné envie de faire de la musique de film.

J’admire Hans Zimmer pour le style qu’il a instauré, un style épuré et élégant montré par ces mélodies; toute les richesses et puissance orchestrale mises au service de l’émotion. «Le Roi Lion» est la B.O parfaite en l’occurrence. Sa compréhension de l’image également où chaque entrée musicale a un rôle à jouer sur l’histoire.
Même en live, Hans Zimmer arrive à nous transporter grâce à des musiciens d’un haut niveau.

Alexandre Desplat par sa subtilité à mettre de la musique sur une image, je retiens notamment «Le discours d’un Roi» réalisé par Tom Hooper  et «Ghost Writer» de Roman Polanski.
Jean-Michel Bernard, avec l’univers décalé qu’il crée sur les films de Michel Gondry.

La B.O du film «Rock», composé par Harry Gregson Williams et coécrit avec Nick Glennie-Smith et Hans Zimmer. Une musique d’action avec plusieurs thèmes clés, qui touche directement l’auditeur, par l’émotion que procurent ces mélodies orchestrales.

John powell également avec la bande originale de «Dragon».
Et plein d’autres….!

9/ Tu fais partie de ceux qui ont rejoint l’UCMF depuis plus d’une année.  Que penses-tu de cette institution et quel est ton regard sur le métier?

Cette institution l’est une des rares en France qui permet à tous les compositeurs de musique de film de se regrouper et échanger sur l’évolution de ce métier. Les dirigeants de l’UCMF ont tous une grande expérience du métier et cela est une aide essentielle pour des jeunes compositeurs comme moi qui commencent dans ce milieu.

Ensuite, je pense qu’un retour en arrière est nécessaire pour comprendre comment l’UCMF m’a aidé dans ce milieu qui reste très difficile !
Je me suis installé fin 2013 sur Paris et c’est là que j’ai commencé à composer de la musique de film en arrêtant d’être professeur pour me consacrer entièrement à cela.
J’ai eu par la suite mes cours à l’université d’Angers (très fier !) où j’enseigne la  composition de musique de film, encore aujourd’hui.
Un matin j’ai eu un coup de fil d’Elizabeth Ansctutter (compositeur, conférencière, secrétaire de l’UCMF) me disant que j’avais gagné le concours de l’UCMF (franchement, c’était tellement improbable !!!). Elle me disait en plus que mon œuvre serait jouée au grand Rex ! Et que j’avais gagné un contrat avec Audiens, pour lesquels j’ai réalisé une musique téléphonique et une musique pour une de leur cérémonie !

A partir de là, tout s’est déclenché….j’ai eu quelques contrats très rapidement, et surtout j’ai eu la chance de rencontrer Philippe Eidel, un compositeur de talent. Il a réalisé un mixage de «Austerlitz» avec Franck Redlich (la musique du concours que j’ai gagné). Il m’appelle un jour et me propose d’être le compositeur du film «Un homme d’Etat», de Pierre Courrège… Peu de compositeur pourrait proposer cela aujourd’hui à un autre compositeur !!! Si je suis là aujourd’hui, c’est donc avant tout, d’abord, grâce aux différentes situations qui se sont présentées à moi, et sans être pour autant opportuniste. Mais ces situations, je les ai provoquées, je ne suis pas resté chez moi en attendant un contrat!!

10/ Tu as eu la chance de participer aux 10 ans de l’UCMF, entouré de compositeurs de renom, quelle a été ton impression au moment où ton morceau a été joué ?

Oui, je me rappelle des répétitions où j’ai pu croiser tous les grands compositeurs dont Vladimir Cosma, et tous étaient vraiment sympathiques avec moi. Eric Serra m’a salué pour mon travail sur Austerlitz!! Et Robert Fienga m’a offert un café,  quoi demander de mieux?!! Le jour J, il est vrai que j’ai un peu stressé ! Mais l’orchestre du Coge était merveilleux, ainsi que leur chef Aurélien Azan Zielinski. Lorsque le morceau a été joué, j’en ai profité le plus possible durant 2’26 minutes.

11/ Tu as une formation de violoniste, cet instrument t’a apporté des avantages en tant que musicien?

Cet instrument m’a permis de continuer la musique aujourd’hui… C’est grâce à mon instrument que je me suis mis à composer, et je pense que n’importe quel compositeur doit avant tout être musicien et maîtriser son instrument.

L’avantage est que je vais me mettre à jouer de l’alto et certainement du violoncelle, pour ainsi faire une maquette de quatuor moi-même avant de faire appel à des pros!

Je te remercie encore Mathieu!!! Au plaisir de te rencontrer prochainement!!!

Site de Mathieu Vilbert. Vous pouvez également le retrouver sur FB.
Voir également le site: Moebius Musique .

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | juillet 21, 2016 - 9:42 - Classé dans Articles

Bonjour à tous pour ce mois de juillet à températures normales pour la saison; il était temps!!

Voici une nouvelle interview de compositeur à l’image. Christophe Héral est un compositeur et designer sonore français pour le cinéma le film d’animation, la télévision et bien entendu le jeu vidéo.
Je remercie encore ce grand monsieur pour sa proximité, sa gentillesse, et son humanité. Encore une fois j’ai la chance de converser avec un compositeur professionnel qui nous fait part de choses fortes intéressantes. Christophe, s’est prêté au jeu des questions de façon sincère et spontanée.

Alors je vous rassure il y aura d’autres questions/réponses de compositeurs pro au cours des prochains mois sur ce blog.

1/ La musique de manière générale est un moyen d’expression. La musique liée aux images génère une interaction; peut on parler d’un langage particulier?

La musique à l’image est écoutée de manière sournoise, elle peut guider l’œil, certaines émotions, elle donne souvent de la chair à l’image.

2/ Je discute avec beaucoup de compositeurs assurant en parallèle une activité dite “alimentaire”. Est ce que la chance fait partie de la réussite d’un compositeur qui veux vivre de ce métier?

Il n’y a guère de chance dans ce métier, il y a certes des opportunités qu’on peut saisir ou pas, mais le travail est une part tellement importante de la “réussite”, réussite que je mets entre guillemets car faudrait il encore savoir ou pouvoir, la définir de manière claire.
Ne vaut il pas mieux parfois avoir une activité parallèle, comme musicien par exemple, plutôt que de devoir produire une musique dont on ne revendique pas l’entière écriture?

3/ Comme tout le monde, je regarde les vidéos consacrées aux compositeurs Américains et autres. Souvent ces derniers évoluent sans complexe devant leur matériel. Le nombre de clics sur internet reste impressionnant quand penses tu?

Je me moque pas mal du matériel, tout le monde travaille peu ou prou en 24 bit et 48 kHz, avec quasiment les mêmes convertisseurs.
Je vois souvent des gus devant une table de mixage, des écrans, un studio super clean, le mien est perpétuellement en parfait désordre. Nous avons fait une séance de bruitage de pattes d’animaux dans la terre, le sable, les cailloux pour Wild, il y avait de la poussière partout, et l’odeur du cochon et de poulet flottait dans l’air.

4/ Ma question rejoint un peu celle ci-dessus. Pourquoi le compositeur en France est souvent relié au rôle de technicien de post production?

Je ne suis pas pris pour un technicien, mais comme un auteur, à chacun de défendre sa position. Peut être qu’il se cache derrière le mot “technicien” une envie de supprimer toute notion d’auteur, et donc de droits qui vont avec.

5/ Les formations de compositeur de MdF ont été créées depuis quelques années. Que penses tu de ces formations?

Je n’en sais fichtrement rien, il y a des classes ouvertes à la musique de film aux conservatoires nationaux de Paris et Lyon, c’est plutôt une bonne chose d’ouvrir l’esprit des compositeurs des conservatoires.
Mais il ne faut pas se leurrer, être compositeur à l’image est déjà une tare, alors compositeur de jeux vidéo, c’est carrément pas crédible :-)
Pour devenir un bon compositeur à l’image, je crois qu’en plus d’une réelle compétence musicale, il faut un esprit particulier, et je ne suis pas certain qu’on puisse apprendre à savoir comment se positionner dans une narration.

6/ La passion de la musique reste t’elle pour toi aussi vive que tes premiers instants; a t-elle évolué de manière particulière?

Oui, rien n’a guère changé depuis mes premiers courts métrages, d’ailleurs, le premier que j’ai mis en musique, c’était en 1986, et le dernier en 2016.
20 ans de passion et d’enthousiasme.

7/ La musique de jeux vidéo est une chose que tu maitrises. Cette musique obéit elle à un langage particulier et a t-elle ces dernières années évolué de façon marquante?

Ah Ah Ah, mais non, je ne maîtrise rien :-)
Le langage musical est très lié à celui du game play, sa mise en œuvre est liée à la puissance de la machine sur laquelle on joue, si on est sur PS4, on a pas les mêmes possibilités que sur facebook sur Android.
Mais demain les smartphones seront encore plus puissants, alors quand on pense à l’amiga ou à l’atari, il y a de quoi se dire que oui, il y a eu sacrément une évolution notable :-)

8/ Les droit d’auteurs fondent comme neige au soleil sur l’internet notamment aux États-Unis face à Spotify. Penses tu que la SACEM saura faire face à une telle onde de choc en France?

La SACEM n’a toujours pas compris l’enjeu du jeu (1400 Salariés).
Je suis en colère devant leur immobilisme, ou plutôt leur lourdeur, et c’est pas faute d’avoir essayé de les convaincre de mettre plus qu’un gros tiers temps à la disposition de cette industrie.
Mais je suis aussi en colère car je pensais que nous trouverions des accords simples pour que les indépendants puissent faire appel aux jeunes compositeurs français qui se retrouvent encore un peu à la porte de cet extraordinaire créativité qu’offre le jeu.
En tant que “vieux”, un peu plus éclairé que d’autres, je me devais d’essayer de faire bouger les choses, il faut dire que si d’autres compositeurs français qui travaillent avait bien voulu me donner un coup de main nous serions peut être arrivés à un truc pas trop mal. Là, j’ai un gout de raté dans la bouche.

9/ Le métier d’artiste est un concept avec ses avantages et ses inconvénients. Peux tu et sans indiscrétion nous convier la chose qui te procure encore le plus de plaisir dans ton activité?

Une des choses les plus intéressantes reste la rencontre humaine, avec les réalisateurs, les creative director, les ingés, bref, tout le monde qui bosse sur un projet.
Il y a aussi l’interprétation qui procure une part émotionnelle intense, quand les notes sont entendues au travers des enceintes de monitoring d’un studio où on enregistre 70 musiciens.

10/ Existe t’il une différence nette entre la musique dite Européenne et celle d’outre atlantique? Beaucoup de critiques se révèlent face à celles produites par Hollywood. Que penses tu de cela?

Je n’en sais rien, j’entends beaucoup de musiques qui se ressemblent, elles sont toutes faites avec les même banques de son, aux USA ou en Europe.
La musique Hollywoodienne était faite par des européens dans les années 50 (beaucoup de juifs qui ont fui l’Allemagne ou l’Autriche) elle est toujours plus ou moins influencée par les européens qui ont fui aussi l’Allemagne, mais pas pour les mêmes raisons :-)
bref, on est passé de Korngold (1) à Hans Zimmer, rien de nouveau à l’ouest.

Je te remercie encore Christophe.

Site de Christophe Héral. Vous pouvez également le retrouver sur FB.

Ciryle Coplan.

(1) Erich Wolfgang Korngold, né à Brno (Autriche-Hongrie) le 29 mai 1897 et mort à Hollywood le 29 novembre 1957, est un compositeur autrichien, naturalisé américain en 1943.

Par Ciryle Coplan | juin 1, 2016 - 11:58 - Classé dans Articles

Bonjour en ce mois de Juin qui m’a vu naître il y déjà pas mal d’années,

Aujourd’hui, et en ce début de mois, je vous propose une interview de Laurent Juillet qui a de manière chaleureuse et spontanée répondu à quelques questions sur le métier de compositeur. Questions que je me suis souvent posées et qui trouvent dans cette interview quelques éléments de réponses.

1/ Comment es-tu venu à faire de la musique à l’image?

Mon premier contact avec la musique de film remonte à un disque de musique de Western Ennio Morricone que mon père possédait dans sa toute petite collection. Il n’est pas très mélomane mais il passait ce disque de temps en temps, et à chaque fois, j’étais très attentif.

La révélation s’est produite lorsque je faisais mes études au Conservatoire. Mon professeur de solfège était absente. Son remplaçant, plutôt que de nous faire écouter les musiques traditionnelles du répertoire auxquelles nous étions habitués, nous a proposé une musique de film. Il choisit “Cutthroat Island”, score composé par John Debney pour le film de Renny Harlin. Ce fût un choc pour moi. Cette musique me renvoyait à tout ce que j’aimais, les orchestrations riches, le côté énergique presque rock’n roll, de grands thèmes épiques. Je me suis dit alors que je voulais apprendre à composer ce genre de musique.
Très vite je me suis inscrit dans les classes d’écriture et j’ai commencé mon étude des grandes partitions symphoniques du répertoire sous l’impulsion de mon professeur, qui est devenu un ami, Jean-Philippe Bec afin de comprendre comment fonctionnait l’orchestre. Parallèlement, je réalisais des transcriptions d’oeuvres symphoniques telles que “Carmen” de Georges Bizet pour notre quatuor de guitares classiques.

Ce qui m’a également attiré vers la musique pour l’image et qui continue de me séduire est qu’elle favorise l’ouverture à des styles différents.
Le mélange des genres n’est pas prohibé, même s’il est vrai que les clichés sont tenaces.

2/ La musique à l’image semble susciter beaucoup d’intérêt vis-à-vis de la jeunesse, Que penses-tu de cette nouvelle vague?

Je pense que l’on est d’abord musicien, compositeur et qu’ensuite on s’intéresse à la relation musique / image. Il me semble que beaucoup de jeunes aiment ce qui se dégage de la musique de certains films, mais qu’ils ne discernent pas toujours le lien réel entre la musique et l’image.
J’entends régulièrement des musiques qui ont été composées, je le sens bien, avec l’idée d’en faire des musiques de film. Mais elles ne le seront jamais, tout simplement parce qu’elles n’ont pas été composées pour des images. Cela fait une différence importante parce que l’émotion qui s’en dégage vient de la musique seule, et non de la relation musique / image dont je parlais plus haut. Ce n’est absolument pas un jugement de valeur de la musique mais sur sa destination.

L’avènement de la technologie permet à beaucoup de s’exprimer au travers des sonorités de l’orchestre. Mais il ne faut pas se tromper et ne pas oublier que les banques de sons sont une bien pâle vision des possibilités et contraintes d’un véritable orchestre. Débuter le métier de compositeur avec comme seul outil l’ordinateur limite énormément les capacités d’expression, tant d’un point de vue technique que purement musicale. Les banques de sons sont formatées pour aller vite et pratiques pour le travail à l’image lorsque l’on sait à peu près où l’on va et si l’on possède un bagage certain. Mais je suis persuadé qu’il faut aller chercher son inspiration hors de la musique de film, surtout au début, il faut apprendre à parler le langage de la musique afin de pouvoir communiquer avec d’autres musiciens, et cela ne s’apprend pas devant un écran.

3/ La MAO et l’utilisation des séquenceurs, VST, et banques de sons sont considérablement utilisés par les professionnels et amateurs; un avis sur ce phénomène.

J’y ai répondu déjà en partie. La MAO est un très bon outil, elle fait gagner du temps. Artistiquement parlant les ordinateurs offrent également des possibilités d’expression infinies pour la musique à l’image. Tout cela va dans le bon sens puisque cela offre une large palette aux compositeurs. Mais le revers de la médaille ne doit pas être négligé, en donnant l’illusion que les choses sont faciles et accessibles ces outils participent à la paupérisation d’un métier déjà bien fragile.


4/ Au bout de combien d’années as-tu commencé à vivre de ce métier,

Assez rapidement en fait, quelques mois. J’ai eu mes premiers contrats professionnels à la sortie du Conservatoire, un jeu pour Cryo Interactive, «  l’Ombre de Zorro » et des albums de librairie pour les éditions Kosinus.

5/ Beaucoup de compositeurs à l’image en France ne vivent pas de leurs métier; Pourquoi est-ce si difficile?

Il m’est difficile de répondre à cette question. Cela dépend de paramètres intimement liés à chaque personne. Lorsque l’on discute avec des compositeurs établis, on se rend compte que chaque parcours est différent.
La nécessité de rencontrer des gens est indéniable, rester derrière sont écran en envoyant des emails est insuffisant. Il faut créer des échanges.

Ensuite il est indispensable de se former, non pas à la musique qui est finalement rarement le problème, mais aux impératifs de la production musicale. Il est utile aussi de s’intéresser à ses aspects juridiques. Tout cela aide à avoir une image plus claire du paysage et permet de trouver plus facilement son chemin à mon sens.

6/ Que penses-tu de la formation du compositeur à l’image. Peut-on aujourd’hui être un compositeur autodidacte et travailler sans formation?

Je crois que la formation est primordial. Il ne faut jamais cesser d’apprendre et toujours se remettre en question. C’est un principe de vie fondamental pour moi, et cela touche tous les domaines de l’existence.

Après, savoir si sa formation doit être faite à l’école…

D’un point de vue purement technique, il est certain que l’accès aux équipements d’une école doit aider. Il est vrai aussi que quelques compétences, comme l’orchestration par exemple, doivent être apprises car elles reposent sur des contraintes réelles.
L’expression artistique en revanche peut aisément s’apprendre en dehors des bancs de l’école, échapper au formatage d’un enseignement purement académique peut même s’avérer salutaire pour un artiste.
Le Conservatoire m’a donné le privilège de rencontrer Pierre Pincemaille et je n’oublie pas que l’important c’est lui, pas l’école ni le diplôme.

Je comprends très bien cette question, légitime lorsque l’on débute. Mais dans ce métier plus qu’ailleurs, ce qui compte n’est pas d’où l’on vient mais ce que l’on offre.

7/ Au bout de plusieurs années d’activité es-tu toujours aussi enthousiaste de faire ce métier?

C’est difficile parfois. J’aime mon métier, mais j’ai besoin d’en sortir par moment pour mieux y revenir. Toutefois quand je pense à la musique, et seulement à elle, je sens bien la passion au fond de moi.

8/ Que penses-tu de la musique américaine et l’effet qu’elle suscite chez les jeunes en France?

Si par musique musique Américaine, tu penses à John Williams qui a puisé son inspiration dans la musique européenne, je réponds que je suis un fan absolu d’Igor Stravinsky. Par contre, pour John Adams c’est différent!

Je n’écoute jamais la musique en me préoccupant de sa nationalité. Elle m’émeut et m’intéresse ou non, c’est tout. Par contre, ma culture est clairement occidentale. Je n’ai donc aucun avis sur ce que la musique américaine peut susciter auprès de la jeunesse française.

9/ Si tu n’avais pas fait ce métier quel métier aurais-tu exercé?

J’aurais sans aucun doute oeuvré dans le sport.

Je remercie Laurent pour ses réponses précises et pour m’avoir consacré un peu de son temps.

Site de Laurent Juillet. Vous pouvez également le retrouver sur FB.

Merci à toi

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | mai 28, 2016 - 11:30 - Classé dans Articles

Bonjour pour cette magnifique journée qui se prépare en ce jour du 28 mai 2016,

Voici encore une vidéo sur laquelle on retrouve un compositeur américain (origine anglaise) que j’apprécie particulièrement j’ai nommé Monsieur John Powell. En plus, d’être un compositeur nous avons en commun l’année de naissance par conséquent ce monsieur doit être quelqu’un de bien (un chef d’entreprise peut être quelqu’un de bien)!!
Nous le retrouvons ici dans son studio ou je dois dire que les installations ne sont pas réalisées dans la demi mesure.
Regarder car il n’y a que ça à faire et bravo John pour ton travail!!!

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | avril 1, 2016 - 11:31 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Voici une vidéo qui montre les autres activités du métier de compositeur de MdF.
En l’espèce, le compositeur fait appel à une personne pour finaliser ses maquettes afin de les présenter au réalisateur.
Mais la plupart du temps le compositeur fait tout lui même.

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | mars 19, 2016 - 3:50 - Classé dans Articles

Bonjour,

Après les studios américains avec Harry Gregson Williams, voici un retour en France avec quelque chose de plus ludique dans la présentation.
Laurent Juillet, est un compositeur qui accueille sur cette vidéo une jeune fille qui veut devenir compositrice.
J’aime bien cette présentation.

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | mars 15, 2016 - 7:01 - Classé dans Articles

Voici une vidéo de Harry Gregson Williams dans son studio en Californie.

J’aimerai bien avoir un studio comme ça !!!

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | février 13, 2016 - 10:50 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Voici des conseils donnés par des compositeurs professionnels membres de l’UCMF (Union des compositeurs de musiques de films).

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | février 11, 2016 - 11:01 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Voici le résultat du concours de musique de film de l’UQAM organisé par nos amis canadien.
Il y a donc 9 finalistes dont deux Français qui remportent la victoire. L’UQAM à reçu pour cette deuxième édition, 241 candidatures provenant de 15 Pays.
Je vous laisse ce lien pour écouter les musiques de ces compositeurs pleins de talents.

Résultats concours UQAM.

Enfin, le concours de Audi Talents Awards ouvre de nouveau ses portes aux compositeurs et compositrices.
Cette année, deux épreuves avec un exercice imposé et un exercice libre. Le premier n’est autre que le film de présentation au concours qui existe depuis plusieurs années. Par conséquent, il faudra le mettre en musique.
Mais, nouveauté du concours 2016, désormais un exercice libre invite en outre les compositeurs à proposer un projet musical qui explore les liens entre la musique et l’image (qu’elles qu’en soient les formes). Installation sonore et visuel, live audiovisuel… ? Le programme Audi talents awards participera au financement du projet du lauréat.
Nous entendons par là toute reproduction animée d’une chose, d’un être ou d’un concept… Peut importe la technique employé. Exemple: performance musicale accompagnée d’un programme image original, installation vidéo et sonore…
Il vous faudra ajouter à cela un gros dossier avec beaucoup d’indications sur votre travail et sur votre personne; Bonne chance!!!

Audi Talents Awards 2016.

Ciryle Coplan.

Par Ciryle Coplan | janvier 4, 2016 - 10:53 - Classé dans Articles

Bonjour à tous,

Bonne année 2016!! à toutes et tous ceux qui consultent ce modeste blog consacré à la musique de film.

Pour ce mois de janvier, je vous propose un concours de musique à l’image organisé par nos amis canadiens et par l’UQAM.

Le 10 décembre 2015 – Le programme de Diplôme d’études supérieures spécialisées en musique de film de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et les Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) sont fiers de lancer la deuxième édition du Concours international de composition de musique de film de Montréal. Trois courts-métrages sont proposés aux compositeurs des quatre coins de la planète afin de leur inspirer une création. Un prix de 750,00 $ canadiens sera remis à l’auteur de la meilleure musique pour chacun des trois films proposés : Des souris et des hommes (réalisé par Jean Beaudin, École des Médias, UQAM), Pour toujours (réalisé par Maryne Bélanger, École de Design, UQAM) et Participe Passé, (Sarah Gélineau Paradis, UQAT, 2015).

Un prix de 750$ CND sera remis au compositeur ou à la compositrice de la meilleure musique pour chacun des trois films proposés.

750$ Meilleure musique pour Des souris et des hommes
750$ Meilleure musique pour Pour toujours
750$ Meilleure musique pour Participe Passé

Les musiques finalistes dans chacune des catégories seront diffusées, avec leur film, dans le cadre de la 34ième édition des Rendez-Vous du Cinéma Québécois à Montréal, au Canada.

Admissibilité

Le concours est ouvert à tous les compositeurs et compositrices, de tous les âges, de la planète. Il n’y a pas de frais d’inscription.

Cliquez sur la photo pour accéder au programme.

Ciryle Coplan.